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Mardi 7 février 2006

snow Country"Le train sortit du long tunnel et pénétra dans le pays de neige".  .  .  .  écrivait Kawabata dans son chef d'oeuvre.  Ben nous, nous avons pris un bus pour aller dans cette région de la Préfecture de Gifu.  Nous y étions déjà allés cet été et avions tellement aimé que nous voulions absolument y retourner en hiver.  C'est en effet le pays de neige, et il est simplement magnifique sous son tapis tout blanc.

Gassho-Zukuri FarmhouseLe but principal de ce petit tour était la visite de Shirakawago, le Site du Patrimoine Mondiale de l'Unesco célèbre pour ses gigantesques fermes au toit de chaume construites dans le style Gassho-Zukuri (jointures faites à la main). Il fallait que ce soit un samedi pour pouvoir profiter de l'éclairage nocturne de ces maisons. Il n'y a que quelques occasions par an pour apprécier ce village avec cet éclairage de nuit, et nous ne voulions le rater sous aucun prétexte.

Le bus quitta Shinjuku (Tokyo) juste après 8 heures du matin.  Trajet confortable par autoroute -- j'apprécie personnellement d'autant plus que cette fois, je n'ai pas à conduire -- jusqu'à Hirayu onsen pour un rapide déjeuner. Après ça, direction Shirakawago où nous sommes arrivés bien avant la tombée de la nuit.
Snow Country A lot of sbowIl y avait en effet beaucoup de neige -- au moins deux mètres !

ShirakawagoL'arrivée de bonne heure nous a permis de visiter l'endroit de jour. C'est simplement superbe.  Nous avons vu plusieurs de ces énormes fermes si caractéristiques de la région sur notre parcours jusqu'à l'autre extrémité du village où nous allions rejoindre les navettes pour monter jusqu'au point de vue dominant tout le village.  Nous n'étions pas les seuls -- quand nous sommes arrivés au point de départ des petits autobus, un signe annonçait un temps d'attente de 40 minutes. Grâce à une parfaite organisation à la japonaise, nous n'avons en fait pas attendu autant.  Les navettes sont maintenant la seule manière d'atteindre le point offrant une vue panoramique surplombant tout le village car on n'a plus le droit d'y aller à pied. On nous a dit que c'était en raison des nombreux accidents qu'il y a eu dans le passé avec tous les gens qui allaient de tous les côtés dans la neige et dans l'obscurité. Depuis cette année, ce service de navettes, organisé et gratuit pour tous, est la seule option.

Lots of people waiting like usNous n'étions pas premiers là haut. Des rangées de touristes japonais attendaient déjà, appareil photo en main, la tombée de la nuit et l'éclairage des fermes.  Chacun avait un appareil photo, du modèle professionnel haut de gamme sur lourd trépied au modèle intégré du téléphone portable dernier cri, et tout ce qui existe entre ces deux extrêmes. C'était une vue à la fois impressionnante et un peu effrayante.

Cold, but happy Shirakawago by nightNous sommes parvenus à nous trouver une bonne petite place pour apprécier la vue. Il faisait vraiment froid, mais nous étions habillés et équipé correctement -- Akiko a insisté pour que je place des patches Kairo (pokapoka) (vous savez, ces petits sacs qui, une fois ouverts, produisent de la chaleur pendant plusieurs heures) sur mes orteils, entre les deux paires de chaussettes que je portais.
The night light-upLes lumières sont apparues à l'heure (n'oublions pas que nous sommes au Japon tout de même !) et avec la lueur du crépuscule lentement remplacée par l'obscurité, la vue devenait de plus en plus magique.  C'est là qu'un haut-parleur a annoncé que si quelqu'un devait impérativement retourner en bas rapidement, il fallait partir maintenant car dans 15 ou 20 minutes, l'attente pour les navettes jusqu'au village pourrait atteindre entre une heure et une heure et demie ! Akiko alla alors nous réserver une place dans la ligne d'attente encore réduite tandis que je prenais encore quelques photos.  Nous avons réussi à rejoindre la queue juste avant la foule et n'avons donc pas eu beaucoup à attendre pour regagner le village en bas. Cela nous a permis d'avoir plus de temps pour nous balader dans le village, autour de ces incroyables maisons venant d'un autre âge.  Ce modèle architectural unique a été développé pour faire face au climat extrême, toujours avec beaucoup de neige, caractéristique de cette région.
Shirakawago Shirakawago Shirakawago

Nous étions de retour à l'heure au bus qui quitta l'endroit immédiatement pour Takayama où nous devions passer la nuit dans un hôtel moderne Onsen / station thermale. Après cette longue journée, nous avons bien apprécié les nombreux bains chauds différents, à l'intérieur et à l'extérieur.

Takayama TakayamaLe matin, visite de Takayama, une vieille ville fortifiée, avec un vieux quartier très bien préservé. Une atmosphère spéciale et tranquille se dégage de ces rues remplies d'histoire avec ces vieilles maisons Koushimado (fenêtres en saillie treillagées) et ces corniches reliées des commerçants de l'ère Edo, le tout accentué par la neige qui a recommencé à tomber.  Nous avons vraiment eu beaucoup de chance car le ciel blanc et bas a bientôt été remplacé par un ciel bleu ensoleillé. Pendant ce week-end, nous aurons une neige relativement importante pendant un moment, et un soleil superbe le reste du temps.

Takayama Takayama
Old Takayama Sake bottles

FurukawaNous avons pris un petit voyage optionnel pour aller visiter Furukawa, une autre ville ancienne à côté. Ici encore, le vieux quartier recouvert de neige était un plaisir à visiter.
Furukawa Furukawa
Furukawa Furukawa

Ce week-end se termina vers 14:30 lorsque le bus repris la route de Tokyo.  C'était je crois la première fois que nous prenions un de ces tours en bus et je suis sûr qu'on en prendra d'autres.

Comme d’habitude, vous pouvez cliquer sur n’importe quelle photo pour la voir en grand. Vous pouvez également voir un diaporama de toutes les photos de ce billet et plein d’autres en cliquant ICI.

 

par Patosan publié dans : Patosan
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Vendredi 3 février 2006

A day at the Sushi AcademyJe suppose qu’il s'agit d’une sorte de virus contagieux, car moi aussi, je suis allé passer une journée à la Sushi Academy avec Akiko.  Cette fois, l’idée était d’apprendre à faire des Sushi Maki, ou rouleaux de Sushi. 

Akiko at the Sushi AcademyNous avons commencé par le début — faire le riz vinaigré, un facteur très important sur la qualité et le goût final des sushis ou des rouleaux. Après cela, M. Kawasumi, notre prof, nous a expliqué quelques points importants sur les couteaux que nous utilisons, nous a montré quelques principes de base sur la manière de couper, et a mentionné deux trois détails sur la manière d’aiguiser les couteaux. S’il est sûr qu’il y a des vérités universelles, il y a des points qui sont absolument spécifiques au Japon.

Avant de commencer à faire nos premiers rouleaux, nous avons tous pratiquer avec un morceau de tissu qui nous tenait lieu de Nori feuille d’algue), 60 gr de riz et un morceau de concombre. Après plusieurs essais, nous avons fait nos premiers rouleaux, des rouleaux de concombre et de Kampyo.   Ce sont des rouleaux de base avec des légumes. Nous les avons mangés pour le déjeuner.

Californian rolls and Pink Dragon RollEnsuite, nous avons travailler sur des Uramaki, des rouleaux inversés, plus connus sous le nom de Rouleaux Californiens. Ils sont en fait assez faciles à faire, lorsqu’on a bien assimilé les techniques et principes de base. Ce qui est important est la combinaison des ingrédients. Le rouleau californien comprend un morceau de laitue, du concombre, de l’avocat et un peu de Kani Kama ou crabe. Nous mettons également du Tobico ou oeufs de poisson volant sur le riz qui se trouve à l’extérieur.  

Californian Roll and Pink Dragon Rolls le deuxième rouleau que nous avons fait, appelé “Dragon Rose”, contient simplement du crabe et du concombre à l’intérieur, et est recouvert d’une fine tranche de saumon à l’extérieur.

Crunchy RollCrunchy Rollle troisième rouleau s’appelle le “Rouleau Croustillant” — il contient une feuille de laitue, un peu d’anguille et une crevette en tempura (frite). Des graines de sésame  sont parsemées sur le riz qui est autour.

Ces trois types de rouleaux sont vraiment sympas et délicieux.

Odairi Sama MakiOhina Sama MakiEt pour la finale, nous avons appris à faire les “Odairi Sama Maki” et les “Ohina Sama Maki” — représentation de l’Empereur et de l’Impératrice, et le rouleau de Sakura. — trois rouleaux de décoration, la spécialité de M. Kawasumi. Plutôt que d’essayer de les décrire avec des mots, nous avons décidé de les refaire (bon, d’accord, d’essayer de les refaire…) à la maison, et de prendre des photos de chaque étapes. Ce sera pour un prochain billet. 

Mr. KawasumiOhina Matsu Set
With the teacher

Je n’ai pas pris le temps de mettre les liens pour les photos grand format et vous pouvez les voir, ainsi que d’autres, en cliquant  ICI

 

 

par Patosan publié dans : Patosan
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Mercredi 18 janvier 2006

Decorated cucumberAujourd'hui,Akiko est rentrée à la maison fatiguée, mais heureuse.  Non seulement a-t-elle passée son examen, elle a également réussi ses meilleures performances jusqu'ici.  Et pour célébrer ça, devinez ce que nous avons eu ?  Un super dîner de sushi !

Je pense que nous avons tous été infectés par ce virus de sushi.  C'est tout que nous mangeons chaque jour (ce qui est super).  Et c'est un de nos sujets de conversation.  Il y a tant de choses à découvrir.  Je suis très impressionné par l'attention portée à tous ces détails — c’est vraiment fascinant. 
Avant, pour moi,  il n’y avait pas beaucoup de sortes de poisson. Il y avait les poissons de mer et ceux des rivières. Il y avait les petits poissons et les gros poissons, les plats, les ronds et les longs. Et en plus, il y avait les poissons qu’on mange et ceux ceux par lesquels on essaie de ne pas se faire manger. C’était assez simple. Maintenant, après plusieurs années passées au Japon, je connais beaucoup plus les différences et je connais même le nom des divers poissons en Japonais — bientôt, je les connaîtrai même en Français ! Et en attendant, c’est un super sujet de photos, surtout en macro. 

Voici quelques photos de ce qu'Akiko nous a rapporté aujourd'hui.  Elle devient meilleure chaque jour.  Inutile de dire, nous apprécions tous beaucoup ce cours ainsi que la nourriture.  Demain matin, je joindrai le groupe d’Akiko pour visiter Tsukiji, le plus grand marché de poissons du monde.  Ca fait un moment que je voulais y aller, et je suis très heureux de pouvoir visiter Tsukiji avec des professionnels comme M. Kawasumi (son instructeur) et Mme Goto.

Other Sushi Salmon Sushi Aji Sushi
Futomaki Futomaki Egg maki

 

 

par Patosan publié dans : Patosan
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Lundi 9 janvier 2006

Near the Harajuku stationShinjuku est le quartier d'amusement pour les adultes, Shibuya est celui pour les jeunes, et Harajuku est le royaume des adolescents. Ce quartier se trouve entre Shinjuku au nord et Shibuya au sud, et entre Omote Sandô d'un côté et le parc de Yoyogi de l'autre. C'est pour moi l'endroit parfait pour voir les deux extrêmes du Japon, le traditionnel avec le temple Meiji (Meiji Jinguu) consacré à l'empereur Meiji) et l'ultra-moderne avec Takeshita Dôri et les diverses contre-cultures des adolescents japonais.

Harajuku le dimanche a toujours été très intéressant et très amusant.

Takeshita Dori, mecca of the teens C'était vraiment sympa quand la rue principale devant le parc était fermée à la circulation le dimanche et offerte aux diverses bandes de rock'n'roller des années 50, aux autres groupes de pop japonais et leurs haut-parleurs toujours réglés trop fort, et surtout aux nombreux Takenoko-zoku -- les tribus de jeunes bambous du début des années 80. Ceux-ci ont sans doute été les premiers adolescents rebelles médiatisés de l'après-guerre au Japon. C'était souvent des marginaux occupés à fumer (ouh là!), allumant des pétards (ouh là là !), et paraissant "contre". Ils étaient habillés de façon étrange et drôle. Ils dansaient en groupe et s'amusaient (ou essayaient de s'amuser) dans les limites admises par ce qui était tout de même une société avec un système très rigide. Ils ont commencé par étonner leurs aînés, mais bientôt ils ont été récupérés par la société car le matérialisme ambiant était simplement trop fort. À partir de là (nous étions, ne l'oubliez pas, au début des années 80), plusieurs magasins sont apparus pour répondre à ce nouveau petit marché de consommateurs. Je ne suis pas vraiment sûr, mais je suppose que c'est à partir de là que la "mode" et le "style" de Harajuku se sont répandus.

Aujourd'hui, je redécouvre ce quartier avec la même stupéfaction et le même plaisir. La rue principale reste malheureusement ouverte à la circulation (je suppose que de ne pas bloquer la circulation le dimanche fut une manière assez simple d'éliminer les rassemblements). Les Takenoko ont grandi, se sont mariés et ont certainement rejoint de bonnes sociétés japonaises. Mais leurs enfants sont toujours dans les rues de Harajuku le dimanche.

Teens gatheringHarajuku, Teen group

Ils suivent la nouvelle culture de rue et la mode de Harajuku. Nous pouvons voir divers styles bien définis (que je n'ai aucun doute sont tous presque totalement dictés par des magazines.) Et oui, un coup d'oeil dans une publication récente sur Tokyo me confirme ce que je pensais :

Voici les divers groupes:

 

decorative decorative gothic lolita

romantic punk decorative

 

- les Lolita, portant de mignons petits vêtements avec lacets

- les Lolita Gothiques, présentant une bonne coordination entre le noir et le blanc

- les Décoratifs, avec nombreux accessoires voyants et colorés

- les Punk Romantiques, un croisement entre une apparence romantique et dure

- les Zippers, un style copié sur magazine à la mode

- les Fluffy (Pelucheux ou Kigurumin), qui personnifient un héro de BD

- les Uniformes (Seifuku-kei), qui essayent de s'affirmer tout en portant l'uniforme de leur école

romantic punk lolita romantic punk romantic punk Lolita Gothique gothic lolita
romantic punk fluffy lolita lolita lolita

La scène est vraiment étrange car l'endroit est devenu un coin touristique célèbre. D'un côté, nous avons ces jeunes habillés comme dans les magazines ou les manga, discutant avec leurs copains qui sont habillés de la même manière (toujours en groupe). Et de l'autre, des photographes, Japonais et étrangers, regardant et prenant des photos. Certains des jeunes acceptent volontiers de se laisser photographiés, alors que d'autre préfèrent éviter les photos.

Le Japon est vraiment un pays étonnant et merveilleux.

(Clicquez ICI pour voir toutes les photos de la série)

par Patosan publié dans : Patosan
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Vendredi 6 janvier 2006

Comme on continue de se lever très tard (le décalage horaire depuis notre retour d'Europe est encore sérieux) et que le temps n'est pas vraiment invitant, nous ne sommes pas sortis assister à beaucoup d'événements comme on l'avait prévu. Yasukuni Jinja

 

Le 4 janvier, le dernier jour des festivités du nouvel an, nous nous sommes réveillés trop tard et nous avons donc décidé de simplement visiter à nouveau le Yasukuni jinja.

 

Il y avait une exposition sur les sabres japonaises qui a attiré notre attention. J'ai toujours été fasciné par ces Katanas et autres lames japonaises. Nous avions là une occasion d'en voir quelques beaux spécimens ainsi que les gens qui les faisaient.

 

 

 

Je croyais que les sabres tranchants et pointus étaient devenus illégaux au Japon depuis l'occupation américaine. Je devrais certainement revoir mon livre d'histoire pour me rafraîchir la mémoire à jour et mettre à jour mes connaissances sur le sujet.

 

tenant un KatanaPatrick tenant un “Katana”

 

Akiko tenant un Tachi Akiko tenant un “Tachi”

Kissaki - la forme de l'extrémité Nous avons discuté un peu avec deux jeunes forgerons et avons découvert pas mal de choses au sujet de cette vieille forme d'art japonais traditionnel. J'ai appris que bien qu'ils exigent un enregistrement auprès des autorités (tout comme les armes à feu en Europe) et qu'ils ne peuvent être librement exportés, il n'y a pas vraiment de problème pour posséder un vrai sabre japonais. Il y a actuellement environ 300 personnes impliquées dans cette activité, mais seulement environ 100 d'entre elles sont des professionnels à temps plein. Quelques uns parmi eux ont même été désignés comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel du Japon, et sont aussi connus en tant que trésors nationaux vivants, car ils représentent et possèdent des connaissances considérées comme fondamentales pour l'identité japonaise.

un couteauGravure d'un nom dans le métal

 

Un cerf-volant représentant un Samourai

 

Ces sabres sont vraiment beaux, et peuvent coûter vraiment très cher. Un modèle standard revient à environ 300.000 yen (plus de 2.000 euros) et nécessite plusieurs mois de travail. Un sabre vraiment beau peut coûter autour de 1.500.000 yen et sa finition prendra encore plus longtemps. Nous avons été invité à visiter l'atelier de Monsieur Ishida à Gunma pour voir tout le processus de fabrication.

 

par Patosan publié dans : Patosan
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